27 octobre 2017 et du 2 au 18 octobre 2018

MISSION MARTINIQUE 2017/18 – ATLANTIQUE

Deux temps forts en Martinique

Les liens entre la Principauté de Monaco et la Martinique ont été renforcés en 2017 et 2018 à l’occasion de deux temps forts :

  • L’inauguration de la Réserve Naturelle Marine du Prêcheur Albert Falco par S.A.S le Prince Albert II le 27 octobre 2017,
  • La mission menée du 2 au 18 octobre 2018 par les équipes de l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC/CNRS, Université de Strasbourg), de l’Ifremer et des Explorations de Monaco pour étudier le comportement des tortues vertes.

L'importance des Aires Marines Protégées dans le monde

La mission Martinique en bref: le film

Inauguration de la Réserve naturelle territoriale marine du Prêcheur Albert Falco.

Le 27 octobre 2017, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco se rendait au nord de « l’île aux fleurs » pour inaugurer la Réserve Naturelle Territoriale Marine du Prêcheur Albert Falco et rendre ainsi hommage à la mémoire du Capitaine de la Calypso, fidèle compagnon du Commandant Jacques-Yves Cousteau.

Cette visite symbolise l’engagement fort de la Principauté en faveur du développement des Aires Marines Protégées dans le monde.

Objectif 2030 : 30%

A ce jour, les Aires Marines Protégées dans le monde sont au nombre de 16 927. Elles couvrent actuellement une surface de 28 189 691 km2, soit 8% de la surface totale des océans. Moins de 3% sont placés sous haute protection ; les prélèvements y sont interdits. Les experts scientifiques recommandent vivement qu’au moins 30 % de la surface des océans soient protégés d’ici 2030. C’est l’objectif à atteindre pour une gestion durable et une protection efficace de la biodiversité marine.

 

Carte mondiale des aires océaniques protégées, octobre 2018 © IUCN / UNEP-WCMC
Albert Falco devant le Musée océanographique de Monaco. Années soixante. © Guy Ventouillac. Archives du Musée océanographique de Monaco

Albert FALCO (1927-2012) : Hommage à « l’Homme poisson »

Célèbre plongeur et capitaine de la Calypso, navire du Commandant J-Y Cousteau, Albert Falco fut l’un des instigateurs du projet de la Réserve Naturelle Territoriale du Prêcheur qui porte aujourd’hui son nom. Cet amoureux de la mer et de la Martinique a marqué ceux qui eurent le privilège de le côtoyer. Les Martiniquais n’ont pas oublié son engagement pour la protection et la valorisation du patrimoine sous-marin de l’île.

Localisation

Localisation (carte à mettre à jour)

La Martinique, une île fréquentée par les tortues

Cinq des sept espèces de tortues marines fréquentent le littoral martiniquais. Parmi elles, trois espèces sont très régulièrement observées : la tortue imbriquée, la tortue luth et la tortue verte, la plus fréquente dans cette zone. Au sud-ouest de l’île, les Anses d’Arlet sont la zone d’alimentation principale pour les jeunes encore immatures de cette espèce. C’est là que les scientifiques les ont principalement étudiées au cours de la mission d’octobre 2018.

Deux semaines intenses sur site

Deux semaines intenses de travaux scientifiques in situ, riches en enseignements et informations, ont contribué à améliorer la connaissance et la protection de cette espèce. Des technologies innovantes associant caméras embarquées et objets connectés ont été mises en œuvre. Deux semaines qui ont aussi donné lieu à des actions de sensibilisation des jeunes générations. 

Des échantillonnages précieux

Damien Chevallier (IPHC) a découvert que des tortues vertes nées sur la côte de Guyane venaient assurer leur croissance durant plusieurs années sur les herbiers des Antilles, notamment sur le site des Anses d’Arlet. Chaque année, des prélèvements de micro-fragments de chair, de peau et de carapace sont effectués sur plusieurs individus. Leur analyse aide à mieux connaître les origines des individus et l’état de santé de cette population. La présence de contaminants ou de virus peut être détectée. Les tortues sont capturées en apnée et ramenées en surface. 

Prélèvement d'un fragment de carapace sur une tortue verte. © O.Borde. Explorations de Monaco
Prise de sang. © O.Borde. Explorations de Monaco.
Capture d'une tortue verte en apnée dans les Anses d'Arlet. © O.Borde. Explorations de Monaco.
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Chez les tortues la position et le dessin des écailles sont uniques d'un individu à l'autre. © O.Borde. Explorations de Monaco
Injection sous la peau d'une puce électronique. © O.Borde. Explorations de Monaco.
Le transpondeur électronique permet de savoir immédiatement si l'animal est déjà équipé d'une puce ou pas. © O.Borde. Explorations de Monaco.
Au cours des opérations de terrain, les tortues échantillonnées sont marquées d'un trait blanc., ce qui permet aux apnéistes de ne pas les recapturer. © O.Borde. Explorations de Monaco.
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Photo-identification et puçage

Comme une véritable empreinte digitale le nombre, la position et le dessin des écailles de la tête sont uniques et permettent d’identifier un individu. En photographiant le profil de la tête d’une tortue on peut ainsi la “ficher” et la reconnaître au fil du temps, en cas de nouvelle observation ou de capture. Cette méthode a été mise au point par Kelonia, l’observatoire des tortues marines de La Réunion. Des micro-puces électroniques sont également utilisées et injectées sous la peau. Elles permettent en cas de recapture une reconnaissance immédiate.

Blessée mais sauvée

Des tortues blessées font l’objet de sauvetages et de soins spécifiques. Ici, l’équipe de scientifiques fera le nécessaire pour retirer l’hameçon de la gueule de cette tortue verte, avant de la remettre à l’eau. Dans d’autres cas, les plongeurs interviennent pour délivrer un individu pris dans un filet de pêche. Les filets abandonnés ou perdus, appelés filets fantômes, sont à l’origine d’importantes mortalités. C’est un problème majeur actuellement dans le monde entier.

Un système de communication à faible coût développé par l'Ifremer. © O.Borde. Explorations de Monaco
Une nouvelle balise mise au point par l'Ifremer.© O.Borde. Explorations de Monaco
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Le programme NExT

Porté et initié par l’Ifremer, NExT fait l’objet d’une étroite collaboration avec l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS – Université de Strasbourg) et les Explorations de Monaco. Il se décline en plusieurs phases : 

  • L’exploitation des données récoltées depuis 20 ans, associée à l’acquisition de nouvelles données environnementales et à des prélèvements de nombreux échantillons,
  • L’emploi d’une nouvelle balise de suivi développée par l’Ifremer, utilisant un système de communication innovant à faible coût (LoRa) dont les signaux sont réceptionnés par des antennes disposées à terre, en périphérie de la zone étudiée,
  • La multiplication des données collectées telles que température et salinité de l’eau environnante, accélération, profondeur ou encore durée de la plongée,
  • L’échantillonnage des populations grâce aux prises de sang et aux prélèvements de micro-fragments de peau, d’écailles et de chair.
  • L’évaluation de l’impact des activités humaines, dont la pêche, et des effets du changement climatique.
TortueVerte_Camera_CNRS (3)

Sac à dos High Tech

Rassurez-vous ! Ce sac à dos High Tech se détache au bout de quelques jours et n’encombre pas longtemps la tortue. Plusieurs spécimens ont été équipés avec des « biologgers », système associant une caméra haute résolution à plusieurs capteurs (accéléromètre, magnétomètre, gyroscope, profondimètre, thermomètre, hydrophone, GPS) et à une balise Argos qui permet de le localiser en pleine mer, après relargage automatique. 

Dans la peau d’une tortue verte…

Images brutes…  Les images enregistrées permettent d’étudier à volonté le comportement naturel des tortues et leurs habitudes alimentaires et de mieux comprendre leur comportement et leurs stratégies d’adaptation à leur environnement. Sur cet enregistrement, on peut voir, à la fin, furtivement une tortue se nourrir et l’autre sur laquelle sont fixés des rémoras, ou poissons pilotes.

« L’herbe à tortues »

Aux Anses d’Arlet, les jeunes tortues vertes se nourrissent principalement d’algues et de plantes marines, dont Thalassia testudinum, communément appelée « herbe à tortue ». Ce régime herbivore colore la graisse des tortues vertes. Il est à l’origine de leur nom. Depuis quelques années, une plante invasive originaire de mer Rouge, Halophila stipulacea, colonise ces herbiers. Le comportement alimentaire des tortues face à cette nouvelle ressource est l’un des sujets d’étude du CNRS sur le long terme.  

Tortue verte en train de se nourrir. Anses d'Arlet © Fabien Lefèbvre. IPHC/CNRS. Explorations de Monaco

Des résultats scientifiques attendus

En 10 jours d’échantillonnage, 40 tortues vertes ont été marquées et suivies. 250 échantillons ont pu être prélevés et 30 heures de vidéo ont été enregistrées. Les données et informations précieuses récoltées au cours de ces opérations de terrain en Martinique s’ajoutent aux données des années précédentes. Elles vont permettre aux équipes de scientifiques, après une phase d’analyse et d’interprétation, de progresser dans de nombreux domaines scientifiques. 

Une animation de l'association martiniquaise Carbet des Sciences. © O. Borde. Explorations de Monaco
Les opérations de lâcher des tortues sont menées en présence du public et des scolaires. © O.Borde. Explorations de Monaco
Une présentation de Philippe Brousse, des Explorations de Monaco, dans une classe martiniquaise. © O.Borde. Explorations de Monaco
Une animation sur la plage: reconstituer le cycle de vie d'une tortue verte. © O.Borde. Explorations de Monaco.
De nombreux bénévoles prennent part aux opérations et manipulations des tortues. © O.Borde
Sensibilisation des pêcheurs à la protection des tortues. © O. Borde. Explorations de Monaco
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Réconcilier l’humanité et la mer

Afin de sensibiliser la population locale au travail des chercheurs et à la conservation des tortues marines, certaines manipulations et protocoles scientifiques ont été adaptés pour être réalisés à terre et toucher un large public. La protection des tortues est l’affaire de tous et de nombreuses initiatives vont dans ce sens. Le travail réalisé en Martinique peut apporter une contribution significative aux programmes de sauvegarde des tortues grâce aux deux approches essentielles et complémentaires que sont la recherche scientifique et l’éducation.

 

Les partenaires scientifiques et éducatifs

Galerie photos

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Les acteurs de la mission Martinique 2017-2018

Les Explorations de Monaco souhaitent remercier

S.A.S. le Prince Albert II de Monaco

Le Gouvernement Princier de Monaco

Mme Veuve Albert Falco et sa famille

Les autorités martiniquaises et représentants officiels

le préfet Franck Robine et ses collaborateurs ; le sous-préfet de Saint Pierre et de la Trinité, Emmanuel Baffour, Dominique Vian, 

Le vice-amiral René-Jean Crignola, commandant supérieur des forces armées aux Antilles ; le colonel François Agostini, commandant de la gendarmerie, et le capitaine Marc Formentel de la section aérienne de Fort-de-France,

Marcellin Nadeau, Maire du Prêcheur,

Louis Boutrin, conseiller exécutif,

Gabriel Jean Guy, Président de l’association des pêcheurs du Prêcheur,

Marie-Renée Queuille, conseillère municipale des Anses d’Arlet,

La direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement ;  Fabien Védié et Denis Etienne,

L’office National des Forêts ; Francis Georges, responsable unité territoriale sud et ses collaborateurs : Maxym Sikora et Marie-France Bernard, chargés de mission, plan national d’action tortues marines et iguanes des Petites Antilles,

Les équipes de scientifiques

Damien Chevallier, chercheur à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS/IPHC – Université de Strasbourg), département Ecologie, Physiologie et Ethologie, et son équipe : Jordan Martin (ingénieur d’étude), Sidney Regis (ingénieur d’étude, apnéiste), Nicolas Lecerf (ingénieur d’étude, apnéiste), Flora Siegwalt (doctorante), Lorène Jeantet (doctorante), Cédric Frouin (apnéiste).

Jérôme Bourjea, biologiste des pêches et de la conservation (Ifremer, UMR MARBEC), Sylvain Bonhommeau, chercheur en écologie marine, et Pierre Gogendeau, ingénieur en électronique, (Délégation Ifremer océan Indien) et Emmanuel Thouard et ses collaborateurs (délégation Ifremer des Antilles françaises)

Les associations de terrain et organisations martiniquaises

Abdelwahab (Wahé) Benhalilou, (Ti Payot’ et Plongée passion, association POEMM) et son équipe : Thomas Maillet, et Lucas Andreani, Céline Murgale et le personnel du Ti Payot’,

Mathilde Brassy, responsable du pôle « mer et développement durable » et Laurie Paquemar, Carbet des Sciences, centre de culture scientifique, technique et industrielle de la Martinique,

Didier Puccini, journaliste(France Antilles) et Muriel Lepori,

Alexandre Arqué (Asso-Mer et Office de l’eau Martinique), Célia Ortole et Gwénael Quenette (Asso-Mer) et Gaelle Lambert (Mon école, ma baleine),

Lyne-Rose Beuze, conservatrice du Musée du Père Pinchon, responsable des musées à la collectivité territoriale de Martinique,

Les responsables des classes d’aires marines éducatives : Sino César, Carine Croisan, Jean-Paul Joyau, Béatrice Mas-Palangie, Chantal M’Quiby, Régine Toucanon, (Le Carbet) ; Françoise Figueres, Michèle Rollin et Rolande Menil (Les Anse d’Arlet), Fabiola Nicolas-Bragance, Yoanna Paulin et Karla Jubenot (Fort de France) et leurs élèves ainsi que la classe de Christel Laurent de l’Ecole du Morne Vert.

– Les personnes ayant participé à l’organisation des missions Martinique :

Philippe Brousse, chef de mission Caraïbes des Explorations de Monaco,

Corinne Bussi-Copin, référente scientifique, Institut océanographique – Fondation Prince Albert Ier, Prince de Monaco,

Le Colonel Bruno Philipponnat, chargé de mission auprès de S.A.S le Prince Albert II de Monaco

Thierry Apparu et Mme Liz Factor, communication.